“Le dixième film d'Hailé Gerima, qui a longtemps porté le lourd fardeau d'incarner, à lui seul, le cinéma éthiopien et qui n'avait pas tourné depuis dix ans, témoigne d'une ambition et d'une ampleur impressionnantes. Il s'agit de suivre, à travers le parcours d'un individu, trente ans d'une histoire qui n'est pas seulement celle de l'Ethiopie moderne ou de la diaspora africaine mais d'une transformation profonde, anthropologique, une mutation dont on a le sentiment qu'elle est plus générale que cela, qu'elle dépasse celle d'un continent meurtri. Teza témoigne aussi et surtout d'une sorte de douloureux dégrisement moral et idéologique qui a caractérisé, peut-être, le dernier tiers du XXe siècle.”
Jean-François Rauger, Le Monde
“Grand film lyrique et épique, Teza conte le lent désenchantement d'un intellectuel confronté au tumulte destructeur de l'Éthiopie de Mengistu comme au racisme européen. La mise en scène puissante d'Haile Gerima, cinéaste éthiopien émigré aux États-Unis, charrie le désordre et la brutalité du monde, mais sait aussi trouver des accents secrets de tendresse et de nostalgie.”
Marie-Noëlle Tranchant, www.lefigaro.fr
“D'abord lyrique, parfois onirique, le film embrasse vite un réalisme sobre qui traduit le naufrage tragique d'un pays. Toutes proportions gardées, on songe à une version éthiopienne de la fresque italienne Nos meilleures années. Entre désolation individuelle et dévoiement collectif, Haïlé Gérima signe un film-somme, à juste titre récompensé à Venise par le prix spécial du jury.”
François-Guillaume Lorrain, Le Point
“Centré sur l’autocritique et le repentir d’une génération perdue du siècle dernier, il pourrait dérouter voire lasser le spectateur des années 2010. Et pourtant, il n’en est rien. Car il le transporte d’un plan à l’autre sans temps mort, proposant une geste qui, tant d’un point de vue politique qu’esthétique, ne peut laisser indifférent. C’est le privilège des grands films, de ceux qui ont du souffle, que de dépasser leur sujet proprement dit pour parler à tout le monde. De l’homme, de son rapport à l’Histoire, de ses contradictions, de ce qui le fait aimer, haïr, désirer et trop souvent se tromper.”
Renaud de Rochebrune, www.jeuneafrique.com
“L’intelligence de Teza, sa profondeur, est d’être tout à la fois une saga historique, un conte poétique et une parabole sur le destin de l’humanité. Le film d’Haïlé Gérima tire, dans son maniement des symboles (chœur gémissant des femmes, peuple des enfants de la grotte, fleuve charriant la vie…) vers la tragédie grecque (Anberber comme figure prométhéenne) tout autant que vers l’oralité d’un conte africain des temps anciens, immuable.”
Sarah Elkaïm, www.critikat.com
“Un film porté par une force lyrique et une lucidité politique hors du commun, qui en font à la fois une formidable leçon d'histoire et un exercice d'introspection rigoureux.”
Thomas Sotinel, Le Monde
“Teza est un film fleuve, une fresque retraçant l'histoire de l'Ethiopie sur plus de 30 ans. Rapidement, on se laisse séduire par les plaines embrumées, les couchers de soleils sur un paysage brûlé. Puis l'histoire nous emporte, faite de mystères et de rêves tourmentés… L'émotion affleure peu à peu, avec la découverte d'un peuple balloté entre religion et croyances ancestrales, communisme et dictature, envie de vivre et guerre civile.”
Olivier Bachelard, www.abusdecine.com